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Benoît Xvi RATZINGER
Ancien souverain pontife
Fiche d'identité

Benoît XviRATZINGER

Nom: Benoît Xvi RATZINGER
Naissance: 16 Avril 1927
Lieu: Marktl
Nationalité: Allemande
Occupation: Ancien souverain pontife
Photos





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Biographie

Benoît XVI (en latin : Benedictus Sextus Décimus ; en italien : Benedetto Sedici ; en allemand : Benedikt XVI.), né Joseph Alois Ratzinger le 16 avril 1927 à Marktl, dans l`État libre de Bavière, en Allemagne, est l`évêque de Rome et le 265e et actuel souverain pontife de l`Église catholique romaine, élu le 19 avril 2005 pour succéder à Jean-Paul II. Il est le premier pape allemand depuis près d`un millénaire, avec la fin du pontificat de Victor II en 1057. Il annonce le 11 février 2013 qu`il renonce à ses fonctions, sa renonciation prenant effet le 28 février suivant à vingt heures.

Benoît XVI est un théologien, un auteur et un défenseur des doctrines et valeurs catholiques. Il a enseigné la théologie dans des universités allemandes, a été archevêque de Munich et Freising, puis cardinal. En novembre 1981, il est nommé préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi par Jean-Paul II et occupe cette charge jusqu`à son élection comme pape.
Joseph Ratzinger nait le 16 avril 1927, pendant la vigile pascale, au numéro 11 de la Schulstraße à Marktl (ou Marktl am Inn), village de Haute-Bavière, non loin de la frontière autrichienne. Il est le troisième et dernier enfant de Joseph Ratzinger (1877-1959) et de Maria Peintner (1884-1963), après Marie (1921-1991), et Georg né en 1924. Son enfance est marquée par son père officier de gendarmerie et fervent pratiquant catholique, viscéralement hostile aux nazis qu`il considérait comme des « criminels ». En 1929, la famille déménage à Tittmoning et en 1932, la famille déménage à Aschau am Inn. En mars 1937, son père prend sa retraite et la famille s`installe dans une maison aux abords de Traunstein. Joseph Ratzinger entre au gymnasium (collège et lycée) de cette ville, et y apprend le latin, le grec, l`histoire et la littérature. Cette éducation a pour effet selon Joseph Ratzinger de « créer une attitude mentale qui résistait à la séduction d`une idéologie totalitaire ». Il entre ensuite au petit séminaire de Traunstein en 1939, où étudiait déjà son frère Georg.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, il est enrôlé contre sa volonté dès son quatorzième anniversaire dans les jeunesses hitlériennes, passage devenu obligatoire depuis décembre 1936 pour tous les jeunes Allemands non juifs. À l`âge de 16 ans, en août 1943, il est incorporé, avec tous ses confrères du séminaire de Traunstein dans la lutte antiaérienne (DCA) allemande. Joseph Ratzinger se retrouve dans la section des télécommunications et participe à la défense d`une usine BMW des environs de Munich. En septembre 1944, il est affecté au service du travail obligatoire. Il refuse d`entrer dans la Waffen-SS, malgré les pressions, en faisant valoir son intention de devenir prêtre. En septembre 1944 il atteint l`âge du service militaire et en décembre 1944, il est affecté à la Wehrmacht, dans une unité chargée de creuser des fossés antichars à la frontière austro-hongroise. Il déserte quelques jours avant la reddition allemande. Il est ensuite interné jusqu`au 19 juin 1945 dans un camp de prisonniers de guerre à Bad Aibling, où Günter Grass indique avoir été son ami et avoir joué aux dés avec lui. Il est libéré après six semaines d`internement et rentre à pied chez lui.

Curriculum Vitae

Formation à la prêtrise

Après sa libération, il commence sa formation de prêtre. Des théologiens comme Romano Guardini et Josef Pieper, mais aussi des écrivains comme Gertrud von Le Fort acquirent une grande audience. C`est à cette époque que Joseph Ratzinger commence à lire les écrivains catholiques français, Paul Claudel, Georges Bernanos, François Mauriac, dont il est resté un fervent admirateur. Il poursuit des études de philosophie et de théologie à l`université de Munich, puis à l`École supérieure de Freising. Il étudie les ouvrages d`Heidegger, Karl Jaspers, Nietzsche, Buber, Bergson, ainsi que la pensée de saint Augustin qui l`avait « frappé par la puissance de toute sa passion et de sa profondeur humaine ». Entre autres professeurs, Gottlieb Söhngen et Joseph Pascher exercent sur lui une influence notable. Au cours de sa formation il découvrira de nombreux penseurs chrétiens, ainsi que Thomas d`Aquin, qui fut présenté, durant son enseignement, d`une manière qu`il qualifiera de « rigide, néo scolastique », dont il décrira qu`elle était « simplement trop éloigné de mes propres questionnements ». Au cours de ses études il se spécialisera dans deux aspects théologiques qui auront un impact sur sa théologie. Le premier est l`étude de la Bible. Il considère que le « Nouveau Testament n`est rien d`autre qu`une interprétation de « la Loi, des Prophètes et des Écritures » puisée dans l`histoire de Jésus ou contenue en elle ». Cette théorie n`est pas nouvelle. Blaise Pascal, par exemple, défend dans les Pensées que l`Ancien Testament est la « figure » du Nouveau Testament. Tout événement vétéro-testamentaire prépare, préfigure un événenement néo-testamentaire correspondant. Cette conception de l`unité de la Bible sera, selon son affirmation, « le centre de sa théologie ». Le deuxième aspect est l`étude de la liturgie, qu`il considère comme l`élément vivant du Nouveau Testament, le Nouveau Testament étant selon Joseph Ratzinger « l`âme de toute théologie ». Cette conception de la Liturgie aura un impact pendant le Concile Vatican II au cours duquel il soutiendra la réforme de la Liturgie.
Le 29 juin 1951, il est ordonné prêtre en même temps que son frère dans la cathédrale de Freising, par le cardinal Michael von Faulhaber. Il célèbre sa première messe solennelle le 8 juillet 1951 en l`église Saint-Oswald de Traunstein. Après une année de ministère paroissial en la paroisse du Précieux Sang, à Munich, il est nommé professeur au séminaire de Freising, avec des missions d`annexes d`aumônier auprès des jeunes et du service liturgique à la cathédrale.

Poursuite de ses études

Il termina sa thèse de doctorat en juillet 1953. Elle porte sur Le Peuple et la maison de Dieu dans la doctrine ecclésiale de saint Augustin. Joseph Ratzinger devient alors Docteur en théologie, mais il lui faut préparer un nouveau travail, la thèse d`habilitation, afin de pouvoir devenir professeur d`université. Sous l`influence de Gottlieb Söhngen, il fait une thèse sur les Pères de l`Église au Moyen Âge, et particulièrement sur Saint Augustin et Saint Bonaventure. Dans ce travail il développe l`idée que la révélation est « un acte dans lequel Dieu se montre », mais cette révélation ne peut se réduire aux propositions qui découlent des penseurs néo scolastiques. En effet, pour Joseph Ratzinger, la révélation a une dimension subjective ou personnelle parce qu`elle n`existe que s`il y a quelqu`un pour la recevoir : « là où il n`y a personne pour percevoir « une révélation », il ne s`est produit aucune révélation, parce qu`aucun voile n`a été ôté ». Une partie de sa conception de la révélation est alors vivement critiquée par Michael Schmaus, théologien de l`Université qui co-dirigeait la thèse de Joseph Ratzinger. Cette attitude est sans doute due aux rumeurs avançant que cette thèse aspirait à la modernisation de l`enseignement. Joseph Ratzinger doit revoir son travail, en réduisant la partie sur la révélation et en recentrant sa thèse sur la théologie de l`histoire dans l`œuvre de saint Bonaventure. Le 21 février 1957, il soutient sa thèse d`habilitation, en partie révisée, intitulée : La Théologie de l`histoire chez Saint Bonaventure (Die Geschichtstheologie des Heiligen Bonaventura). Celle-ci est acceptéeA 10 et Joseph Ratzinger est nommé maître de conférence à l`université de Munich.

Théologien

En 1958, après une année de travail paroissial, durant laquelle il sillonne Munich à bicyclette, il est nommé professeur en dogmatique et théologie fondamentale à l`École supérieure de Freising. Il est l`un des plus jeunes théologien d`Allemagne. De 1959 à 1963 il est professeur titulaire de théologie fondamentale à l`université de Bonn. Sa leçon inaugurale a pour titre Le Dieu de la foi et le Dieu des philosophes. De 1963 à 1966 il enseigne la théologie dogmatique et l`histoire des dogmes à l`université de Münster (leçon inaugurale : Révélation et tradition).
Il participe au concile œcuménique Vatican II (quatre sessions de 1962 à 1965) en tant que consulteur théologique (peritus) auprès du cardinal-archevêque de Cologne Joseph Frings, qu`il aide à préparer ses interventions. L`un de ses travaux concerne la nécessité d`entreprendre une réforme du Saint-Office qui deviendra la congrégation pour la doctrine de la foi. Le cardinal Joseph Frings fit un discours, à l`élaboration duquel Joseph Ratzinger a participé, remarqué pendant le concile Vatican II, dénonçant avec vigueur le Saint-Office en novembre 1963 affirmant que les méthodes du Saint-Office « ne sont pas en harmonie avec les temps modernes et sont une source de scandale pour le monde entier ». Joseph Ratzinger était considéré pendant le concile comme étant réformateur. Pour Joseph Ratzinger l`Église devait revenir aux sources de la théologie catholique en remontant à la Bible et aux Pères de l`Église afin de pouvoir revivifier l`enseignement de la théologie et permettant de revitaliser la vie catholique. Cette revitalisation peut alors pour Joseph Ratzinger permettre d`effectuer l`aggiornamento, la mise à jour des pratiques, méthodes et structures de l`Église. Selon Joseph Ratzinger ce retour aux sources est la seule possibilité d`un dialogue authentique avec le monde moderne, l`Église étant alors « la continuation de l`histoire de la relation de Dieu avec l`homme ». La place du ressourcement ou retour aux sources vis-à-vis de l`« aggiornamento » est au cœur de la conception que se font les réformateurs du Concile Vatican II, certains ne considérant pas comme essentiel ce retour aux sources du christianisme dans la recherche de la modernité. Il soutient au cours du Concile la réforme de la Liturgie. Il voit la Liturgie comme « une question de vie ou de mort » pour l`Église. La liturgie, et principalement l`Eucharistie est la raison de l`existence de l`Église, car elle permet aux fidèles l`adoration de Dieu. L`importance qu`il accorde à la liturgie est pour lui essentielle à la vie de l`Église. Plus tard, il considèrera que la réforme mise en place ne correspondait pas à celle que les pères réunis en concile avaient voulue. La thèse presque avortée de Ratzinger sur Bonaventure et la place de la révélation de Dieu fut en grande partie reprise par le Concile Vatican II, dans la constitution Dei Verbum, qui considère que la révélation de Dieu, n`est pas une simple affirmation de Dieu, mais doit être comprise comme une rencontre de Dieu avec l`homme.
Après le concile, de 1966 à 1969, il enseigne la théologie dogmatique et l`histoire des dogmes à la faculté de théologie de l’Université Eberhard Karl de Tübingen, à la demande du directeur de l`Université le théologien Hans Küng. Joseph Ratzinger enseigna des cours de dogmes et entreprit un projet de cours à l`intention de tous les étudiants de la faculté intitulé « Introduction au christianisme », qui deviendra un ouvrage de référence dans l`enseignement introductif de la théologie dans le monde catholique.
Au cours de ces années, un débat important prit part au sein des théologiens de l`université sur la place à donner aux théories marxistes. Le théologien Joseph Ratzinger considérait le marxisme comme une déviation de la foi biblique qui « prenait pour base l`espérance biblique mais l`inversait en gardant l`ardeur religieuse mais en éliminant Dieu pour le remplacer par l`activité politique de l`homme. L`espérance reste, mais le parti prend la place de Dieu et, en même temps que le parti, un totalitarisme qui pratique une sorte d`adoration athée prête à sacrifier à son faux dieu tout sentiment d`humanité ».
Participant au comité de rédaction de la revue catholique libérale Concilium qui entend prolonger les travaux de Vatican II, il a fait partie des mille trois cent soixante théologiens qui, en 1968, signent une pétition demandant une réforme du Saint-Office de façon à donner plus de droits aux théologiens suspectés d`erreur doctrinale.
Face à l`augmentation des tensions, comme la pétition de l`été 1969 demandant « Qu`est ce que la croix de Jésus sinon l`expression d`une glorification sado-masochiste de la souffrance? », conduisent Joseph Ratzinger à considérer que « quiconque voulait dans ce contexte continuer à être progressiste était contraint de renoncer à son intégrité », il décida donc d`enseigner dans la nouvelle université de Ratisbonne.
En 1969, il devint titulaire de la chaire de dogmatique et d`histoire des dogmes à l`université de Ratisbonne et vice-président de celle-ci. Il aura comme étudiant en doctorat plusieurs théologiens, le futur cardinal Christoph Schönborn et le jésuite Joseph Fessio.
Un mémorandum signé de neuf théologiens allemands, dont fait partie Ratzinger, et daté du 9 février 1970 signale une « situation alarmante au sein de l`Église ». Adressée aux évêques d`Allemagne cette pétition affirme que « l`Église a l`obligation de procéder à une modification » au sujet du célibat des prêtres. On peut y lire : « Notre réflexion est centrée sur la nécessité d`examiner la question du célibat sous un jour critique pour l`Église latine en Allemagne et dans le monde ». Mettant en avant le criant manque de vocations et la difficulté pour l`Église de recruter de jeunes prêtres, les signataires demandent que soit étudiée la réelle nécessité de cette règle de discipline.
En 1972, il participe à la fondation de la revue théologique Communio, créée par plusieurs théologiens dont Urs von Balthasar, Henri de Lubac, Jean Daniélou. Si cette revue présente comme vocation le dépassement du clivage traditionnel des théologiens entre modernistes et traditionalistes, en permettant l`émergence d`un nouveau courant qui se veut « plus ouvert » que la revue Concilium, la revue est volontiers décrite comme la publication rivale de cette dernière. Le sociologue des religions Jean-Louis Schlegel explique que Communio a été créée pour défendre fermement, voire « inconditionnellement » un point de vue romain. À l`instar de son ainée libérale, cette revue donne la parole aux théologiens laïcs, et s`intéresse au domaine culturel.
Il est nommé à la commission théologique internationale par le Pape Paul VIA . Il développe des relations avec Henri de Lubac, Jorge Medina, Louis Bouyer et Hans Urs Von Balthasar.

Archevêque et cardinal

Le 24 mars 1977, le pape Paul VI le nomme archevêque de Munich et Freising17. Le 28 mai 1977, il est consacré archevêque. Il choisit alors comme devise la citation de la Troisième épître de Jean : cooperatores veritatis (coartisans de vérité). Cette devise montre l`importance qu`il place dans la recherche de la vérité mais aussi la façon dont il envisage sa pastorale d`évêque.
le 27 juin de la même année, il est promu cardinal lors du dernier consistoire de Paul VI.
Lors de l`assemblée synodale sur la catéchèse de 1977, il rencontre brièvement le cardinal Karol Wojtył(devenu Jean-Paul II en 1978) avec lequel il échangeait depuis 1974 une correspondance et des livres, dont l`Introduction au christianisme que Karol Wojtyla utilisera pour préparer sa retraite de carême. Le conclave d`août 1978, pour l`élection de Jean-Paul II, leur donne, pour la première fois, l`occasion de dialoguer un peu plus longuement. Il y eut, comme le rappela par la suite Ratzinger, « cette sympathie spontanée entre nous, et nous avons parlé (...) de ce que nous devrions faire, de la situation de l`Église ».
En 1980, il est rapporteur du ve synode des évêques, sur le thème : « Les missions de la famille chrétienne dans le monde d`aujourd`hui ».

Distinctions et publications

Le 13 janvier 1992, l`Institut de France, l`élit comme membre associé étranger à l`Académie des sciences morales et politiques au fauteuil du défunt physicien nucléaire russe et prix Nobel de la paix Andreï Sakharov.
En 1993, le 5 avril, il est promu cardinal-évêque titulaire de l`église suburbicaire de Velletri-Segni dans la banlieue de Rome. En 1998, il est nommé commandeur de l`ordre français de la Légion d`honneur et reçoit les insignes de l`Ordre le 11 mai de la même année à la villa Bonaparte par Jean-Louis Lucet, ambassadeur de France auprès du Saint-Siège.
Le 10 novembre 1999 il est fait docteur honoris causa en jurisprudence de la Libre Université Marie Très-Sainte Assomption de Rome.
Le 13 novembre 2000, il est nommé académicien honoraire de l`Académie pontificale des sciences.
En 2002, à l`occasion de son 75e anniversaire, il propose, suivant la coutume, sa démission au pape, mais Jean-Paul II ne désire pas se séparer de ce collaborateur, et le 6 novembre, il est élu doyen du Sacré Collège des cardinaux, élection approuvée par le pape le 30 novembre, et titulaire de l`église d`Ostie, disposant déjà de celui de Sainte Marie Consolatrice al Tiburtino.
Le 8 avril 2005, étant le doyen du Collège des cardinaux, il a la responsabilité de diriger l`office religieux des funérailles du pape Jean-Paul II.
Il a été membre du Conseil de la IIe Section de la Secrétairerie d`État ; des Congrégations pour le Culte divin et la Discipline des Sacrements ; pour les Évêques ; pour l`Évangélisation des Peuples ; pour l`Éducation catholique; du Conseil pontifical pour la Promotion de l`Unité des Chrétiens ; des Commissions pontificales pour l`Amérique latine ; Ecclesia Dei. Le pape Benoît XVI est Bailli Grand Croix de l`Ordre de Malte. Il est ainsi, après Jean XXIII, le deuxième pape membre de cet Ordre.

Critiques et condamnations

Ses détracteurs l`accusent d`avoir exercé sa charge d`une façon excessivement répressive23 au lieu de faire de la Congrégation un outil de réflexion sur la doctrine et la théologie, ou un espace de dialogue où mettre les idées nouvelles à l’épreuve et aplanir les divergences, considérant au contraire beaucoup de théologiens comme un « obstacle à l’unité nécessaire à l’accomplissement de la mission de salut de l’Église » (Joseph A. Komonchak). De nombreux théologiens catholiques de grand renom ont ainsi été condamnés, comme Hans Küng, Edward Schillebeeckx o.p., Charles Curran, Roger Haight s.j., Andrew Fox, Eugen Drewermann, Tissa Balasuriya o.m.i., Josef Imbach, et une grande partie des théologiens de la libération comme Leonardo Boff o.f.m. et Jon Sobrino s.j La condamnation de Jon Sobrino par la Congrégation en 2007 a causé un vif émoi et la consternation chez nombre de théologiens catholiques. « Le grand public, encouragé par les fantasmes de l`antique Inquisition volontiers réveillés par les médias, a surtout retenu les innombrables condamnations ou réprobations », note à ce sujet le journaliste Michel Kubler dans le quotidien catholique La Croix28 lors de l`élection de Benoît XVI. Le cardinal Ratzinger a également pour opposant le théologien allemand Hans Küng, autre participant au Concile Vatican II. Celui-ci remet en question le Concile Vatican I dans ses écrits, et remet en cause le dogme de l`infaillibilité pontificale proclamé en 1870 par Pie IX. Hans Küng s`était vu retirer le titre de théologien catholique, perdant sa missio canonica en 1979, 3 ans avant l`arrivée de Joseph Ratzinger à la tête de la congrégation pour la doctrine de la foi, son enseignement étant alors décrété non conforme à celui de l`Église. Hans Küng continuait d`enseigner à Tübingen, mais plus en tant que professeur de théologie catholique. L`opposition de Joseph Ratzinger à la théologie de la libération repose sur le fait que, pour lui, elle est « fondamentalement une herméneutique » et « semble procéder d’une fin foncière de non-recevoir opposée à la modernité » dans une attitude qui, selon Juan Luis Segundo, lui-même figure importante de la théologie de la libération, met en cause « toute l’histoire de la théologie de ces derniers temps, celle de la période post-conciliaire ». Le Cardinal Ratzinger convoqua le 4 septembre 1984 le théologien de la libération Leonardo Boff, suite à la parution de son livre qui critique l`Église, la considérant comme trop hiérarchisé et comme ayant « passé un pacte colonial avec les classes dirigeantes ». L`année suivante le cardinal publie un mandement sévère critiquant les graves déviation théologiques d`une partie de la théologie de la libération. Celle-ci est accusé de trahir la cause des pauvres et de situer le mal exclusivement dans les structures économiques, sociales et politiques, de confondre la pauvreté évangélique avec le prolétariat de Marx. Il critique la conception d`une Église du peuple qui entre dans une logique de classe, et qui porte le danger de mener à une société totalitaire. En 1986 il publie une note affirmant les aspects positifs de la théologie de la libération. Une de ses dernières décisions à cette fonction sera de congédier Thomas J. Reese s.j., le rédacteur en chef de la revue jésuite américaine America, considérée comme progressiste, en délicatesse avec la Congrégation depuis plusieurs années. Le cardinal Ratzinger demanda à plusieurs reprises à Edward Schillebeeckx de s`expliquer sur la conformité de ses écrits avec la doctrine catholique. Celui-ci remet en question le dogme de la Virginité perpétuelle de Marie, met en doute la résurrection du Christ, affirmant qu`elle n`a pas d`importance dans la foi des apôtres et dans la fondation de l`Église. Il affirme que les paroles de la consécration font partie de la tradition liturgique, mais qu`elles n`avaient jamais été proférées par Jésus. De même il affirme que le Christ n`a jamais voulu fonder l`Église, croyant à la fin du monde. Enfin il critiqua le dogme affirmant la divinité de Jésus, parlant de « spéculations très abstraites », allant à l`encontre du Concile de Chalcédoine. Demandant la possibilité extraordinaire pour des laïcs de célébrer la messe, le cardinal lui lança un ultimatum, et il retira de ses publications postérieures ces questions L`historien Jan Grootaers, spécialiste de l`histoire de l`Église catholique, du concile Vatican II et de l`œcuménisme, note que Joseph Ratzinger « ne supporte pas le pluralisme religieux, certainement pas à l’intérieur de l’Église (catholique), ni avec d’autres Églises chrétiennes, ni finalement avec les autres religions… », s`opposant aux théologiens qui incarnent ce courant, à l`instar du jésuite Jacques Dupuis.

Élection

Après un conclave d`à peine plus de vingt-quatre heures, le 19 avril 2005, la fumée blanche apparaît sur le toit de la chapelle Sixtine à 17 h 56. À 18 h 35, le cardinal protodiacre chilien Jorge Arturo Medina Estévez, annonce publiquement sur la place Saint-Pierre le traditionnel habemus papam et l`élection du cardinal Ratzinger comme successeur de Jean-Paul II en tant que 265e pape sur le trône pontifical. Lors de sa première apparition publique ce 19 avril 2005, avant la première bénédiction Urbi et orbi de son pontificat, le nouveau pape, sous le nom de Benoît XVI, prononce les mots suivants : « Chers frères et chères sœurs, après le grand pape Jean-Paul II, Messieurs les Cardinaux m`ont élu moi, un simple et humble travailleur dans la vigne du Seigneur. Le fait que le Seigneur sache travailler et agir également avec des instruments insuffisants me console et surtout, je me remets à vos prières, dans la joie du Christ ressuscité, confiant en son aide constante. Nous allons de l`avant, le Seigneur nous aidera et Marie, Sa Très Sainte Mère, est de notre côté. Merci. » À 78 ans, il est le pape le plus âgé au jour de sa prise de fonctions depuis Clément XII en 1730. Il s`agit du premier pape d`origine germanique depuis Victor II (1055-1057), originaire de la Souabe, et Adrien VI (1522–1523), originaire d`Utrecht (Pays-Bas espagnols, alors relevant du Saint-Empire romain germanique). La messe d`inauguration du pontificat eut lieu le 24 avril 2005 en présence de nombreux hauts dignitaires de la planète. La France est représentée par le Président de la République Jacques Chirac et son épouse, et les États-Unis par son président George W. Bush et ses deux prédécesseurs Bill Clinton et George Bush père. Dans sa première homélie, le pape Benoît XVI précise qu`il ne va pas livrer de « programme ». On note toutefois que contrairement au dialogue avec le monde juif et l`œcuménisme, le dialogue avec l`islam n`est pas cité parmi ses priorités. Au cours des mois qui ont suivi, le pape a mis en pratique un dicton bavarois qui recommande à un évêque d`observer pendant au moins un an et de ne rien toucher à l`administration de son diocèse. Depuis lors, le pape a renvoyé le président du conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, Mgr Fitzgerald, « promu » nonce apostolique en Égypte, alors qu`on le donnait comme pouvant être promu au rang de cardinal, et fusionné ce conseil avec celui de la culture. Le pape a effectué plusieurs voyages, en Italie (notamment à Bari, dans les Pouilles), en Allemagne (août 2005 pour les journées mondiales de la jeunesse et septembre 2006), en Pologne (mai 2006), en Espagne (juillet 2006), en Turquie (novembre 2006), au Brésil (mai 2007), en Autriche (septembre 2007), aux États-Unis (avril 2008), en Australie (juillet 2008 pour les journées mondiales de la jeunesse) et en France (septembre 2008).

Choix du nom de règne

Au cours de l`audience générale du mercredi 27 avril 2005, le pape a expliqué, en français, les raisons de son choix : « J`ai choisi le nom de Benoît en référence à Benoît XV, qui a guidé l`Église dans la période difficile de la Première Guerre mondiale. Sur ses traces, je désire participer à la réconciliation et à l`harmonie entre les hommes et entre les peuples. » Mais Benoît XVI se réfère également à saint Benoît de Nursie, patron de l`Europe, fondateur de l`ordre des Bénédictins : « Le nom de Benoît évoque aussi le père du monachisme occidental, co-patron de l`Europe, particulièrement vénéré dans mon pays et surtout en Bavière. Saint Benoît de Nursie avait inscrit dans sa règle de ne rien mettre au-dessus du Christ. Nous lui demanderons donc de nous aider à rester le regard fixé sur le Christ. »

Informations supplémentaires

Rares sont les papes qui ont démissionné pendant leur pontificat. Plus souvent pour des raisons politiques que pour des raisons de santé.

Depuis le XVe siècle, c’est toujours la mort qui a marqué la fin du règne des papes. La démission pour raison de santé est un sujet qui hantait déjà Paul VI, sans que jamais aucune disposition concrète n’ait été rédigée dans les constitutions apostoliques.

À l’inverse, rien dans le droit canon n’interdit à l’évêque de Rome de renoncer à sa charge. Le code du droit canonique de 1983 prévoit simplement, au canon 331, que le pape exerce son pouvoir librement, sans limites ni dans le temps, ni dans l’espace, ni dans le droit.

Législateur universel, le pontife n’a que Dieu au-dessus de lui. Mais le canon 332-2 précise aussi que le pontife romain peut remettre sa charge à condition que la démission soit parfaitement libre et qu’elle se déroule à travers un rite laissé à sa discrétion. Le Pape n`est pas tenu de la présenter à une quelconque autorité. Les cardinaux ne peuvent alors qu’en prendre acte.

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