Parmi ses voisins
francophones, la Côte d'Ivoire a toujours encouragé la liberté religieuse de son
peuple. Cette attitude explique probablement le fait que le peuple ivoirien soit
profondément religieux. Bien que 13% du peuple déclare n'appartenir à aucune religion,
le reste de la population a des pratiques et croyances beaucoup plus fermes. L'Islam et le
Christianisme qui composaient respectivement 23% et 12 % de la population, composent
aujourd'hui 38.7% et 31% respectivement. Les animistes qui représentaient 65% de la
population constituent encore la majorité malgré la croissance récentes de l'Islam et
du Christianisme.Au début du siècle, on reprochait surtout
aux chrétiens d'être blancs. A l'heure actuelle ce reproche n'a plus aucune raison
d'être, car il existe maintenant un clergé africain qui forme une entité dynamique et
redynamise à sa façon l'enseignement du Christ, en attirant de nouveau les jeunes vers
la religion. En 1914-1915, les prêcheurs du prophète Harris du Liberia ont conduit plus
de 120,000 habitants des côtes, hors du fétichisme. (Raison pour laquelle il a été
surnommé "le prophète des lagunes") Entre 1927 et aujourd'hui, de
nombreuses églises évangéliques ont fait leur apparition. La plupart d'entre elles
s'étaient concentrées dans des régions particulières, comme l'Agence et Mission
Chrétienne apparue en 1927 qui s'est concentrée sur les Baoulés du centre. Malgré leur
apparition très récente, les Assemblées de Dieu ont déjà établi de nombreuses
églises à Abidjan et à travers le pays. Parallèlement aux agences évangéliques, on
note aussi la croissance d'une force missionnaire La plupart de ces missionnaires servent
particulièrement les ministères internationaux., et 20% des missions appartiennent à
des agences africaines ou dénomination des pays voisins. On note aussi une tendance
nouvelle à la prolifération des sectes ou démembrement du christianisme. Parmi elles,
"Les soldats de Dieu", "Les assemblées de Dieu" et les "témoins
de Jehovah" représentent un échantillonnage significatif. La construction de la
somptueuse Basilique Notre Dame de la Paix à Yamoussoukro et celle de la cathédrale
Saint Paul d'Abidjan, sans oublier la visite très remarquée du Pape Jean Paul II en
1991, ont certainement contribué à donner un nouvel essor au christianisme en Côte
d'Ivoire.
Mais malgré ce regain d'intérêt pour le Christianisme, cette
religion ne reste encore qu'en troisième position avec 31 % de pratiquants. L'Islam lui
aussi conserve sa seconde position avec ses 38.7% fidèles. Bien moins puissant que dans
les pays du Sahel, l'Islam représente en Côte d'Ivoire une force non négligeable avec
environ 38.7 % de fidèles. Dans toutes les villes on compte une ou plusieurs mosquées et
Bondoukou avec ses 32 mosquées se présente comme le haut lieu de l'Islam en Côte
d'Ivoire. En effet, la moitié nord du pays est majoritairement musulmane. Toutefois, les
pratiques islamiques se remarquent aussi bien dans le sud, que dans le nord, car
traditionnellement, les commerçants Dioulas, musulmans depuis plusieurs siècles, se sont
fixés un peu partout au cours de leurs voyages. Particulièrement bien organisée en
Côte d'Ivoire, la religion islamique dispose de toute une hiérarchie, chapeautée par le
Conseil Supérieur Islamique, qui statue et décide sur tout ce qui est affaire du culte.
Cette hiérarchie permet d'identifier les musulmans Ivoiriens comme musulmans sunnites et
non chiites (que sont la majorité des Libanais peuplant le pays). Les musulmans
présentent aussi de l'ordre et de l'organisation au travers la pratique de leurs
rigoureuses obligations religieuses. Cela se remarque surtout lors des heures de prières,
qui sont scrupuleusement respectées, quelque soit le lieu où le croyant se trouve. Tout
comme chez les chrétiens les lieux de prières ont de l'influence sur l'intérêt porté
à la religion. La construction, actuellement en cours, de la grande Mosquée du
Plateau à Abidjan, permettra aux musulmans de ce quartier d'Abidjan, d'avoir un lieu de
prière. Malgré la diversité des sites religieux sur l'étendue du territoire on peut
constater que ce n'est pas la quantité ou la beauté des sites qui fera la quantité ou
la qualité du pratiquant chrétien ou musulman. En effet, en terme de quantité, le
peuple ivoirien constitue une majorité animiste.
Comme on peut le constater en Côte d'Ivoire, les religions
traditionnelles africaines, que l'on classe d'une manière générale, comme animistes,
sont restées majoritaires, résistant depuis plus d'un siècle à la poussée des
Marabouts musulmans et des missionnaires blancs, chrétiens. Contrairement aux idées
véhiculées, les animistes ne sont pas polythéistes, mais monothéistes. Ils croient en
un dieu unique, qu'ils pensent très loin de toutes ses créations. Toutefois,
considérant que l'intervention de ce dieu est indispensable pour l'obtention d'un certain
nombre de bienfaits (pluies abondantes, récoltes importantes, guérison des maladies),
les hommes ont décidé de s'adresser à des divinités subalternes
(génies-ancêtres) s'incarnant à travers des objets divers (statuettes, fétiches,
etc...), celles-ci serviront d'intermédiaires et plaideront leur cause auprès de leur
dieu. Cependant, pour obtenir ces grâces, les hommes doivent respecter un certain nombre
de rites à base de sacrifices et de libations. Ce qui donne lieu à de nombreuses
cérémonies plus ou moins secrètes ou le divin s'apparente souvent à l'occulte. Bien
qu'elles sont souvent attaquées et décriées, les religions animistes n'en restent pas
moins majoritaires et largement pratiquées en Côte d'Ivoire par la population.
En dépit de ces divergences religieuses sur toute l'étendue du
pays ,l'on constate l'excellence des relations entre les différentes communautés
religieuses, lesquelles vivent en parfaite harmonie, chacune n'hésitant pas, chaque fois
que cela est possible, à marquer de sa présence les cérémonies importantes des autres.
Il est à noter, que la Côte d'Ivoire dans toute l'Afrique de l'Ouest est la seule Nation
à avoir mis en place, un Ministère des cultes, qui ne ménage pas ses efforts pour
maintenir des rapports harmonieux entre les croyants de toutes confessions.